Acheter un magazine pour lutter contre la déforestation

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Acheter un magazine pour lutter contre la déforestation ? Cette idée ne vous aurait probablement jamais effleuré l’esprit mais sachez que cela est désormais possible. Découvrez dès maintenant ce concept original proposé par l’association Terra Darwin et Damien Lerasle, rédacteur en chef de la revue.

 

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Pour commencer, pouvez-vous me présenter l’association ?

D.L- Terra Darwin été créé pour aider les jeunes à trouver un travail en lien avec la nature, les animaux, l’environnement et l’agriculture. On dispensait des formations et on offrait, par exemple, des conventions de stage, en partenariat avec le ministère de la jeunesse, aux personnes qui souhaitaient découvrir un métier. Quelques années plus tard, on a mis en place des programmes de reforestation et de conservation d’espèces. Il y a un an, nous avons souhaité nous donner une vision plus pédagogique : on a réfléchi à une nouvelle conception de l’association et on s’est posé la question de créer un média d’informations. On livre l’information telle qu’elle est en somme. Pour cela, nous avons repris nos thématiques favorites : nature, voyage, science, mieux-vivre et écologie. Cela nous permet de pouvoir évoquer des sujets qui ne sont pas toujours abordés dans la presse nationale traditionnelle. Notre magazine est totalement indépendant : nous vivons des dons, des ventes, des abonnements et du peu de publicité que nous plaçons à l’intérieur.

 

Le concept que vous proposez, à travers la vente du magazine, c’est de planter des arbres. Comment cela se concrétise?

D.L- C’est assez complexe, mais par magazine on s’engage à replanter un arbre. On a soit, des programmes que l’on gère directement par nous-même avec notre association, soit on travaille avec des partenaires comme Pur Projet auquel on redistribue 16 centimes par magazine, utilisés pour planter un arbre.

 

Comment est apparue cette idée originale ?

D.L- Nous souhaitions tout simplement être fidèles à nos valeurs : on devait créer un média d’informations qui soit utile à tout le monde et facilement accessible au grand public. Il était primordial que le magazine apporte quelque chose de concret, c’est-à-dire que notre travail doit également être utile pour l’Humanité de façon générale. Toutes les entreprises devraient y mettre un peu du sien pour essayer de changer les choses. Notre concept nous permet de joindre l’utile à l’agréable d’une certaine façon car d’un autre côté, on travaille sur un ensemble de sujets très intéressants : la nature est notre fil conducteur.

 

Ce qui est assez paradoxal c’est, qu’en achetant ce magazine, on comprend qu’il a fallu couper des arbres pour fournir le papier qu’on tient entre les mains. Comment vous répondez à cela ?

D.L- Clairement, vous n’avez pas besoin de couper un arbre pour faire un magazine. Avec un arbre vous faites – on a calculé – environ 7 000 magazines. Au final, on a un bilan carbone qui reste positif car, à partir du moment où vous plantez un arbre par magazine… De plus, en matière d’impact sur l’environnement, le numérique est tout à fait équivalent, voire pire que celui du papier. C’est un sujet qui peut être extrêmement discutable : lequel a un plus gros impact sur l’environnement, le numérique ou le papier ? Aujourd’hui, personne ne peut y répondre car ça dépend du type de papier. C’est également une question de choix, par exemple sur le nombre de fibres recyclées que contient votre papier.

Aujourd’hui, quand vous achetez un magazine, on peut prétendre que celui-ci est recyclage car fait 100% en papier mais c’est souvent faux : si vous mettez par-dessus un couché brillant ou un vernis UV, votre papier peut être détruit mais il ne sera plus recyclable.

La provenance du papier est également un choix important : si votre papier vient des forêts tropicales, ça peut être un vrai problème. Par exemple, notre fibre de papier est originaire de France : elle est contrôlée. Elle provient d’une forêt destinée à ça et en permanence replantée. On a un impact carbone moindre par rapport à un autre magazine.

 

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Les palétuviers sont des arbres tropicaux évoluant souvent en colonie pour constituer des mangroves, des zones de balancement des marais ©Shutterstock.

 

Où sont plantés les arbres ?

D.L- On a notre propre programme en Indonésie, à Sumatra et un autre sur Bornéo. On en possède également à Madagascar, au Costa Rica, au Pérou et en Chine. On a également une zone de mangrove en Indonésie sur l’île de Bali : c’est une vieille mangrove qui a été abîmée par la pollution, on contribue notamment à la plantation de palétuviers mais également de coraux car nous faisons également de la réimplantation de corail en zone côtière récifale.

 

Au bout de combien d’années les résultats de cette reforestation sont-ils visibles ?

D.L- Par exemple en Indonésie, pour que les arbres atteignent une belle taille, il faut compter de manière générale 5 à 7 ans pour commencer à voir des résultats. Il faut préciser que ce ne sont pas des arbres voués à disparaître, ce sont des arbres qui sont voués à rester aussi longtemps qu’ils vivront. Pour le moment, on n’a pas de visibilité très large mais sur ce qu’on a déjà planté depuis quelques années, les arbres se portent très bien et on observe même une biodiversité très riche qui réapparaît à ces endroits. On a commencé ce programme 5 ans auparavant. On a parlé précédemment des palétuviers, mais on plante également d’autres arbres qui peuvent atteindre une taille adulte en 2-3 ans seulement, d’autre au bout de 20-25 ans comme des chênes par exemple. Tout dépend de l’arbre qui a été planté.

 

Pour terminer sur la thématique de la faune sauvage, vous listez de nouvelles espèces animales découvertes récemment dans ce premier numéro. Pouvez-vous me nommer celle qui vous a le plus marqué et pourquoi ?

D.L- La nouvelle espèce d’orang-outan : le tapanuli (pongo tapanuliensis). C’est une espèce qui a été découverte l’année dernière – déclaré le 3 novembre 2017 au journal officiel Current biology. Contre toute attente, cette espèce nous a beaucoup marqué car c’est totalement incroyable qu’aujourd’hui encore, en 2019, on soit capable de découvrir de nouvelles espèces de grands singes. On connaît tous les chimpanzés, les gorilles, les bonobos, l’orang-outan de Sumatra et de Bornéo… C’est exceptionnel de réussir à découvrir une nouvelle espèce d’orang-outan perdue dans une toute petite forêt de Sumatra. On se rend compte que finalement, on est en train de foutre en l’air notre planète et qu’on a encore énormément de chose à découvrir. Pour trouver une nouvelle espèce de singe en 2019, on comprend clairement qu’on a encore plein de choses à apprendre de cette planète.

 


En savoir plus :

Pour découvrir la revue, rendez-vous en librairie ou sur le site internet Terra Darwin.

 

Par Leslie Anna D.

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