Découvrez l’impressionnante adaptation de ce serpent amazonien

SPILOTES SULPHUREUS (Chasseur souffré) (1).png

Le monde animal ne cessera jamais de nous surprendre. La preuve avec cette nouvelle étude scientifique révélée en août dernier par une chercheuse de l’Université du Northern Colorado – Cassandra M. Modahl – dans la revue Proceedings of the Royal Society.


 

Connaissez-vous le Spilotes sulphureus dit le chasseur soufré ? Ce serpent originaire de l’Amazonie appartient à la famille des colubridés. Bien qu’il présente tous les aspects propres aux constructeurs (serpents qui étouffent leur proie), ce dernier est venimeux. Récemment, une équipe de chercheurs de l’Université de Northern Colorado a décidé d’examiner son venin de plus près, et ce qu’ils ont découvert est plutôt fascinant.

Après avoir extrait ce venin, les chercheurs ont mis en évidences 3 toxines dont 2 seulement nous intéressons dans ce cas précis : la sulditoxine et la sulmotoxine 1.

Après différents tests effectués sur des lézards et sur des souris de laboratoire en fonction de leur masse corporelle, l’équipe de chercheurs a réussi à montrer deux cas de figure : la sulditoxine s’est révélée hautement toxique pour les lézards, mais pas pour les souris, même à des doses 22 fois supérieures. En revanche, la sulmotoxine 1 montre la tendance contraire : elle est inoffensive pour les lézards mais hautement toxique pour les souris.

“C’est, à notre connaissance, le premier cas dans lequel un schéma de toxicité bimodale et contrastée a été mis en évidence pour les protéines contenues dans le venin d’un seul serpent par rapport à son régime alimentaire.

[…] Nous constatons que le venin de S. sulphureus est unique, car deux toxines distinctes ciblant des taxons de proies très différents ont évolué chez cette espèce. C’est, à notre connaissance, le premier cas où ce double phénomène a été découvert chez toutes les espèces de serpents.”

Ce n’est pas tout, afin d’en savoir plus, les chercheurs ont déterminé les séquences génétiques des toxines pour comprendre leur évolution : il s’est avéré que la sulmotoxine 1, toxique pour les mammifères, soit apparue beaucoup plus tard que son homologue la sulditoxine, toxique pour les lézards. Cette bimodalité serait donc une conséquence de son  évolution adaptative afin d’élargir son régime alimentaire : “il semble que la toxicité spécifique aux mammifères soit un état plus récent, basé sur la topologie des arbres génétiques […] Cependant, il est très difficile de reconstituer un état ancestral ou de déterminer les échelles de temps en toute confiance, car les données critiques manquent pour les couleuvres à crocs arrières. Il est également difficile d’effectuer des analyses de sélection correctes car, en raison de la duplication de plusieurs gènes chez une même espèce, l’identification des gènes orthologues est problématique.

 

Selon Stephen P. Mackessy, coauteur de l’étude, il est peu probable que le spilotes sulphureus soit capable de distinguer ses proies et d’injecter ses toxines en fonction de ces dernières. Il est davantage admis que le S.sulphureus injecte la totalité de son venin et donc ses toxines à chacune de ses proies, “cependant, nous ne l’avons pas démontré, alors la possibilité d’une sécrétion sélective, bien qu’improbable, demeure » ajoute le chercheur.

 


Pour en savoir plus :

*Afin de permettre à tous les lecteurs de comprendre, les explications scientifiques ont été volontairement résumées & simplifiées.

Retrouvez les détails de cette recherche sur :  Royal Society Publishing 

 

Par Leslie Anna D.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s