5 choses que vous ignorez sur la mouche

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Active toute l’année et sur l’ensemble de l’Hexagone, la mouche domestique (Musca domestica) est la plus communément rencontrée. ©Leslie Anna D

 

Agaçante, nuisible ou sale, les adjectifs péjoratifs pour décrire la mouche ne manquent pas. Pourtant, cet insecte volant à l’apparence repoussante cache encore de nombreux mystères tant sa contribution sur l’environnement est essentielle et sous-estimée. En cette période chaude, voici quelques informations qui vous aideront à la percevoir sous un autre jour.

  1. Elle nourrit l’ensemble de la faune

Située à la base de la chaîne alimentaire, la mouche permet de nourrir de nombreuses espèces telles que des insectes, des reptiles, des oiseaux etc… Sans elle, toute cette faune serait vouée à disparaître. Présente en grande quantité et se reproduisant rapidement, elle constitue de ce fait une source de protéines disponible et indispensable pour l’équilibre de l’ensemble de la faune à travers le monde.

  1. Une pollinisatrice inconnue

Certaines espèces de mouches – celles appartenant à la famille des syrphidés et des muscidés – sont très actives voire indispensables en matière de pollinisation. Elles se nourrissent du nectar et du pollen des fleurs et participent, de ce fait, au transport des semences mâles des fleurs sauvages, au même titre que d’autres insectes comme les abeilles et les papillons. Une recherche, parue en 2004 et menée dans les Alpes sur 19 espèces de fleurs différentes par une équipe de chercheurs, a révélé que les visiteurs de ces dernières étaient à plus de 50% constitués de diptères -ordre auquel appartient les mouches – pour 14 d’entre elles. Cela démontre que les diptères ont un rôle beaucoup plus importants qu’on ne le pense sur la reproduction des fleurs sauvages. Quelques scientifiques pensent même qu’elles pourraient maintenir le travail des abeilles en cas de disparition de ces dernières.

  1. Elle évite l’amputation

Le saviez-vous ? Les asticots sont utilisés en médecine traditionnelle – dont les premières traces remonteraient à l’Empire romain – pour nettoyer les plaies nécrosées : ces minuscules larves mangent les chaires mortes, permettant une meilleure cicatrisation. Elles empêchent, de ce fait, de recourir à l’amputation des membres infectés dans les cas extrêmes. Mieux que certains antibiotiques, les asticots éliminent totalement les bactéries responsables.

Un chercheur de l’Université de Manchester, nommé Andrew Boulton, a tenté une expérience en 2007 pour mettre en lumière cette prouesse. Pour cela, il a traité plusieurs cas d’ulcères du pied provoqués par une souche fréquente et extrêmement difficile à combattre – car résistante aux antibiotiques – le staphylocoque doré (S.aureus).

Au total, 12 des 13 infections traitées avec les asticots – sur une durée de 4 à 5 jours consécutifs – ont totalement guéri. Dorénavant, les chercheurs se posent la question de savoir si les asticots éliminent les bactéries en les ingérant ou en sécrétant un antibactérien naturel.

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Le syrphe est une mouche inoffensive imitant les couleurs de la guêpe pour effrayer ses prédateurs : on la reconnait à ses deux ailes et à son absence d’antennes.
  1. Elle nettoie la planète

Sans les mouches, la Terre serait un immense cimetière de putréfaction. Ce minuscule insecte, souvent considéré comme insupportable et inutile, pond ses œufs dans les matières fécales et les cadavres : les larves vont ensuite manger, digérer et recycler ces matières organiques indésirables. Elles sont donc des nettoyeuses indispensables qui œuvrent au maintien d’un environnement sain et propre.

  1. Elle est très diversifié

De taille, de coloration ou de motifs variables, on estime environ entre 80 et 85 000 espèces différentes de mouches à travers le monde. Au même titre que les moustiques et les moucherons, elle appartient à l’ordre des diptères – insectes possédant une seule paire d’ailes – qui représentent le 3e ordre d’insectes le plus présent en France métropolitaine, après les coléoptères (scarabées, coccinelles…) et les lépidoptères (papillons).

 


Sources et informations complémentaires :

L’importance des diptères, non syrphidés, comme pollinisateurs – Université de Bristols

Nettoyer ses plaies avec des asticots – Futura Sciences

Les muscidés, ces mouches pollinisatrices de fleurs – MNHN

Les mouches sont aussi des pollinisatrices – MNHN

Consoglobe

Statistiques des insectes en France métropolitaine par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire (2012)

 

Par Leslie Anna

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